[Théâtre] La Peur de Stefan Zweig adaptée par Elodie Menant : Frisson garanti !


Ce soir-là, il faisait froid à Paris. Et dans un courant d’air au croisement de la rue des Mathurins et de la rue Greffulhe, nous nous sommes engouffrées dans ce petit théâtre (comme on les aime tant), le théâtre Michel pour assister à la présentation de La Peur, une pièce adaptée de la nouvelle de Stefan Zweig et mise en scène par Elodie Menant.

Avoir franchi le pas de cet écrin parisien, c’est comme pénétrer dans le berceau de la culture parisienne et populaire qui revit aujourd’hui. Beaucoup de spectateurs étaient là et la queue –longue- nous a permis d’apprécier ce théâtre à l’italienne et ses décors antiques (tellement typique du début du XXème siècle !). A l’abri du bouillonnement des boulevards voisins (Haussman et Madeleine), nous étions bien dans ce cocon qui fut aussi le fief du mouvement dada. Ce cadre exceptionnel ne serait pourtant rien sans les merveilleux acteurs qui l’habitent tous les soirs. Nous pensons évidemment au trio Hélène DEGY, Aliocha ITOVICH, Ophélie MARSAUD. Tous trois forment le « trouple » le plus remarquable de cette saison théâtrale ! Et c’est Elodie Menant, metteur en scène, qui leur offre ce cadeau : La Peur (tirée d’une nouvelle de Stéfan Zweig). Le résultat est époustouflant. Tant les décors à la fois simple et essentiel dans le jeu de la pièce que les costumes très années 50 contribuent à cette réussite. Mais, c’est surtout la complicité des acteurs et les dialogues dictés par la vertueuse Elodie Menant que l’on retient et qui nous font retenir notre souffle jusqu’à la fin…

D’un côté, un homme. Un avocat. Qui a eu (très) haute estime de la valeur de sa profession et qui s’évertue à être son propre avocat pour se défendre face à sa femme qui l’accuse d’être indifférent face à elle. Cette femme qui commet alors l’irréparable et se laisse piéger dans la culpabilité et dans le mensonge. En voulant introduire une tierce personne dans leur couple, c’et elle qu’elle détruit et anéanti au point de s’enfermer sur sa propre faute. Incapable d’avouer. Voilà tout le problème. Cela semble si difficile pour un être humain d’avouer. Pourquoi ? Parce que la Peur prend le dessus. La peur de la sentence. Bien sûr. Mais aussi la peur de blesser l’autre par cet aveu. Au point de préférer se blesser soi-même. Jusqu’où est-on capable de souffrir pour cacher la vérité ? Mais, c’est sans compte, l’autre, justement. Cet autre qui comprend. Qui a déjà compris. Qui compris tout. Au premier regard. A la première parole (qui déraille). Et qui ne dit rien. L’homme veut libérer sa femme de ce qui l’éteint à petit feu. Il va alors à son tour introduire une tierce personne qui deviendra le bourreau de sa femme… Qui a raison ? Qui a tort ? Qui est coupable ? Qui est victime ? La Peur.

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FICHE SPECTACLE

D’après: Stefan ZWEIG

Tourneur: Atelier Théâtre Actuel et ZD Productions

Mise en scène, scénographie et adaptation : Elodie MENANT

Décor: Olivier DEFROCOURT

Costumes: Cécile CHOUMILOFF et Sylvie LEFRAY

Lumières: Marc AUGUSTIN

Graphistes: Mathieu STORTOZ et Salima GLAMINE

Distribution: Hélène DEGY Aliocha ITOVICH Ophélie MARSAUD

Crédit Photo : @KarineLetellier

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