R.I.P. Maria Luisa Poumaillou


Par Diane Z.

Mardi 7 avril 2015, Maria Luisa Poumaillou est décédée des suites d’une longue maladie. Discrète, elle a imposé son nom dans l’histoire de la mode française. Son humanité, son sourire et sa bienveillance ont marqué les esprits. A l’opposé des caractères superficiels et sournois qui semblent régner sur le monde de la mode, Maria Luisa a conquis le Tout-Paris par sa simplicité et son irrévérence dérangeante. Portrait. 

Dénicheuse de talents et visionnaire

Argentine de naissance, Maria Luisa Poumaillou a été séduite par Paris et son bouillonnement créatif dans les années 70-80. A partir de cette rencontre-coup de foudre avec la capitale française, elle se jette avec passion dans le monde de la mode. A la fois élégante et décontractée, sa silhouette a ainsi sillonné la fashion sphère pendant plus de 30 ans.

Sur les pas de Coco Chanel, elle a créé sa petite révolution et surtout elle a cru en son instinct. Elle n’a jamais eu peur. Elle ne craignait pas le « quand dira-t-on » des langues de vipères qui pullulent dans le milieu de la mode. Et c’est peut-être là que se trouve la force de Maria Luisa. De la force, elle a dû en avoir. Du courage, elle a dû s’armer pour affronter le cancer qui très tôt l’ a minée… Plus terrible que n’importe quelles rumeurs, la maladie a fini par triompher d’elle… Pourtant, Maria Luisa laisse derrière elle un univers transformé grâce à son regard nouveau et novateur sur les créateurs, les tendances, les life styles… Avant tout le monde, elle avait compris, jugé, senti la prochaine vague !

Toujours bien accompagnée, Maria Luisa ne se montrait qu’aux bras de Robin Schulié. Tandem parfait et inséparable, ils travaillaient en étroite collaboration au Printemps, suivant la même direction. Tournés vers les marques innovantes et les matières stimulantes -notamment venues du Japon, l’un comme l’autre souhaitaient explorer la haute-couture au-delà des traditionnels coton, cachemire et soie !

C’est elle qui installe à Paris, en 1988, le premier magasin multimarque consacré aux jeunes talents, rue Cambon.

C’est elle qui a révélé Martin Margiela, Nicolas Ghesquière, Rick Owens et Riccardo Tisci.

C’est encore elle qui a impulsé l' »Acheteuse » à se considérer comme une professionnelle passionnée du milieu.

Fashion Editor au Printemps, elle croyait en l’Asie

Indiscutablement visionnaire, elle s’était forgée une réputation et une aura parmi les plus grands noms de la mode. Nul besoin pour cette grande dame de passer par la case « mannequin-égérie » dans sa jeunesse pour être invitée à tous les défilés (où elle a sa place au premier rang) et autres rendez-vous mondains incontournables ! Un tour de force dans cet univers tel qu’on le connaît aujourd’hui. Après la fermeture en 2010 de sa boutique devenue célèbre, Maria Luisa devient officiellement Fashion Editor pour le Printemps. Une mission qu’elle a incarnée parfaitement et jusqu’au bout.

Maria Luisa fait donc figure d’exception mais n’en est pas moins exceptionnelle. Elle est admirée de tous les journalistes de mode, les designers et les personnalités de la jet-set parisienne qui lui rendent hommage aujourd’hui sur les réseaux sociaux. Chacun ne tarit pas d’éloge sur celle que l’on aimait surnommer  » l’acheteuse de mode » pour ces extravagances quand il s’agissait de dépenser pour acquérir les plus belles créations !

Une belle légende poursuit la grande dame de la mode parisienne …

HOMMAGES SUR TWEETER :

Géraldine Dormoy, journaliste mode et responsable de L’Express Styles :

« L’avantage d’un milieu aussi dur (que la mode NDLR), c’était qu’on identifie rapidement les personnes dotées d’un regard original qui ne s’arrêtent pas aux apparences. Maria Luisa Poumaillou faisait clairement partie de ces personnes-là, connaissant gens de toutes sortes, les écoutant avec une attention égale, un éclair de bienveillance au fond de ses yeux mordorés. »

L’illustratrice, photographe et blogueuse Garance Doré :

« Je suis tellement triste d’apprendre pour Maria Luisa. Elle était belle, marrante, intelligente et terriblement talentueuse. Elle était aussi extrêmement humble et extrêmement touchée le jour où j’ai pris cette photo. Je lui ai dit qu’elle était la plus chic du monde. Elle a explosé de rire. Elle me manque beaucoup. »

Eugénie Trochu, journaliste de Vogue France :

« Maria Luisa s’est éteinte, laissant derrière elle une myriade de petites légendes qui ont su faire d’elle une grande dame de la mode. »

Maria Luisa sur internet

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2 commentaires sur “R.I.P. Maria Luisa Poumaillou

  1. J aî connu cette merveilleuse grande Dame. TRES souriante humble et modeste. Je garde un beau souvenir de son sourire et de la personne Unique QU elle a été dans le monde de la Mode ou tout celui qui n a rien prouvait se prend TRES au sérieux et ne respecte pas les autres.
    Maria Luisa repose en Paix. TÛ n as pas mérité de partir SÎ tot. On ne t oubliera pas.
    SYLVIA AMIEL. ANVERS BELGIQUE. / ISRAEL.

  2. Très bel hommage à notre fée de la Mode. Vous devez remercier la Providence de vous avoir fait rencontrer une personne si exceptionnelle ! Merci Sylvia pour votre soutien . A bientôt.

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