Pieter Ceizer, l’artiste espoir du pop-art


 

Un après-midi pluvieux, dans un de ses QG parisiens, à la Cantine Augustine, à deux pas de la Bastille, Pieter Ceizer croque un bon sandwich, l’œil pétillant. C’est bien lui, le jeune prodige qui a déjà collaboré avec Colette, Coca-Cola, Intermix, Naked&Famous, I.T, Edifice, Coterie et Warsteiner… ! Confessions d’un artiste amstellodamois qui a posé ses valises en France depuis déjà longtemps…

La Mode à la Française : Comment allez-vous aujourd’hui ?

Pieter Ceizer : Je ne suis pas très en forme ! Tous les jeudis soirs, j’ai l’habitude de sortir avec mon groupe d’amis – des artistes cool un peu comme moi ! On s’amuse bien autour d’un ou deux verres ! Mais, ce matin, c’était assez dur de retourner à mes dessins !

Vos travaux artistiques sont souvent empreints du sujet de l’amour. Pourquoi ce thème est-il si important pour vous ?

Je n’ai pas vraiment un choix de traiter l’amour dans mes créations. J’ai toujours ressenti en moi cette vibration positive qui m’a inspiré à m’exprimer de manière cool, sans complexe. Je fonctionne très spontanément et j’essaie de retranscrire ce qui me passe par la tête ! Il y a un an j’ai publié un livre « Love letters » qui reflète parfaitement mon caractère débordant d’amour, de folie, d’exaltation mais aussi mon côté plus sombre… Je veux transmettre ce message que le plus important dans la vie c’est de suivre ses intuitions, de s’entourer des gens qu’on aime et de faire ce que l’on aime !

Justement, parlez-nous de ces « lettres d’amour ».

J’avais très envie de créer mon propre livre, comme le font tous les grands artistes ! J’adore feuilleter tous ces beaux livres qui retracent la vie des personnalités des années 60 notamment… Ça m’a toujours fasciné. J’en rêvais… Et « Love Letters » est né grâce au soutien de Colette qui m’a encouragé dans ce concept assez simple finalement. Je voulais créer quelque chose de très graphique, un peu comme une succession de cartes postales, une bande-dessinée, de messages courts, faciles à mémoriser et qui ont la prétention de guider le lecteur en fonction de son humeur du moment. « Love Letters » est fait pour faire réagir le public à travers une nouvelle expérience différente de ce que je fais habituellement.

Pourquoi, lors de votre dernière collaboration avec Colette, avez-vous décliné une série de briquets ?

En fait, c’est Colette qui m’a demandé de créer cette collection de briquets. Mais, j’ai tout de suite été emballé rien qu’à cette idée. Pour moi, le briquet représente l’objet que l’on perd le plus facilement ! On le prête, on l’échange, on le donne, on en empreinte, on l’oublie -consciemment ou pas- de les rendre à leur propriétaire initial. C’est un objet qui passe de main en main et qui raconte à chaque fois une histoire d’amitiés, de liens fraternels entre des personnes qui se connaissent par cœur ou entre des inconnus qui se sont simplement croisés dans la rue. J’aime cette idée !

Avez qui, dans vos rêves, souhaiteriez-vous collaborer ?

Il y a un an j’aurais dit Coca Cola, mais le rêve est maintenant devenu réalité, avec les deux collaborations Coca Cola Life et ma bouteille pour PSG X Coca. C’était incroyable ! Mais, si vraiment, je rêvais, je collaborerais avec des marques de luxe : j’aimerais tellement créer une collection de carrés de soie pour Hermès ! Pourtant, toutes les collaborations, quelles soient avec de grandes ou de petites marques, sont autant riches en expériences humaines, de partages, de rencontres…. J’en garde à chaque fois un très bon souvenir !

Quel est votre style ?

Je suis un mec cool. Je n’ai jamais vraiment quitté ma période « skateboard ». Je ne me sépare plus de mon sweat à capuche et de ma casquette. Qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il fasse beau, je sors toujours la même panoplie !

Même quand il pleut ?

Quand il pleut, je rajoute une paire de lunettes de soleil. Car je n’aime pas la pluie ! Ça donne un certain style et en plus c’est un parfait remède contre la morosité !

Pourquoi avoir choisi Paris ?

Je n’ai pas choisi Paris, c’est Paris qui m’a choisi ! Paris est une ville branchée contrairement à Amsterdam qui est davantage sur la réserve. Les Parisiens savent profiter de la vie : ils mangent parce qu’ils partagent un bon moment entre amis alors que les Hollandais mangent parce qu’ils ont faim !

Où trouvez-vous l’inspiration ?

Pour chacune de mes créations, je m’inspire du contexte. Par exemple, pour ma dernière œuvre sur le mur du Generator d’Amsterdam, je me suis mis dans la peau de tous ces gens qui prennent l’ascenseur. Finalement, j’ai pensé à un puzzle que l’on assemble au fur et à mesure que l’on monte ou que l’on descend !

Quelle est la place de la musique dans votre vie ?

J’écoute beaucoup le groupe funk Zapp : leur tube Computer Love m’accompagne très souvent. La voix de robot, le talkbox sound, m’inspire beaucoup d’optimisme. Je trouve qu’en ce moment, le monde musical est très sombre… Quand je dessine, je branche le rappeur Anderson.Paak, ses influences soul et blues s’accordent parfaitement avec mes humeurs quand je crée.

Dans une autre vie, qui voudriez-vous être ?

J’aimerais faire partie de ces artistes pop-art qui ont créé des œuvres techniques très originales et exceptionnelles et qui ont réussi à influencer la culture populaire de leur époque comme Roy Lichtenstein ou Tom Wesselmann. D’ailleurs, c’est lui qui disait qu’une belle création – avec ses résonnances et son caractère multidimensionnel – est comme un morceau de musique achevé !

Une petite note optimiste pour finir ?

Je voudrais juste dire aux gens qu’il ne faut pas avoir peur de changer, car ce sera toujours pour le meilleur !

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