(Expo) Studio Blumenfeld New York 1941-1960 à la Cité de la Mode et du Design


Dévoilant près de deux cents œuvres, dont une trentaine de clichés inédits, l’exposition Studio Blumenfeld : New York 1941-1960 met en évidence la relation d’Erwin Blumenfeld avec la presse de mode et de beauté comme Harper’s Bazaar, Vogue, Look, Life, Cosmopolitan. A la Cité de la Mode et du Design jusqu’au 4 juin !

Au coeur de la fashion week parisienne, il était temps de souffler un peu et de prendre de la hauteur aux Docks ! Surplombant la Seine, la Cité de la Mode et du Design accueille en effet une rétrospective inédite sur la période new-yorkaise de l’un des photographes les plus célèbres du XXème siècle : Erwin Blumenfeld.

Guidées par sa petite fille, Nadia Blumenfeld Charbit, et François Cheval, nous avons pu découvrir l’univers coloré d’un génie de la photo à l’instinct fashion irremplaçable. Suivant un parcours libre par séquences (et non chronologique), l’exposition débute pour nous à l’extérieur du bâtiment à travers une installation chorégraphique signée Vasken Yéghiayan. Celle-ci plante le décor de manière immédiate. Cet atrium scénographique est composé de boites lumineuses qui invitent à adopter différentes vues et à faire exister les images, avec toujours en fond la Seine !

Voici ce qu’on a retenu de cette merveilleuse exposition à voir absolument qui dresse l’histoire de la presse féminine américaine à travers un prisme inédit !

Blumenfeld avait fui l’Allemagne puis la France -qu’il n’aurait jamais voulu quitter- pour les Etats Unis suite aux menaces antisémites. Il arrive avec son bagage professionnel et l’influence dada de son éducation en essayant toujours d’introduire l’Art dans toutes ses photos, malgré les contraintes des directeurs de magazines. Outre-Atlantique, il commence une première collaboration avec le magazine Harper Bazaar US.

Pourquoi on recommande ? Parce que le travail des spécialistes de la couleur est juste formidable. En effet, parmi les archives rassemblées, nombre de clichés avaient perdu leurs couleurs. Ainsi, pendant près de quatre ans, il a fallu reconstituer les couleurs d’origine… Ce travail de reconstruction technique et intellectuelle aboutit à la mise en valeur de photographies inédites. Les deux-tiers des images étaient monochromes (en vert ou en rouge). Les commissaires de l’exposition se sont donc demandés quels critères sont à avancer pour reproduire ces images orphelines – couleurs de la peau, …

Le témoignage de Nadia Blumenfeld Charbit … La petite fille de Blumenfeld nous invite à découvrir en premier lieu une photo posée à terre. En effet, cette image en noir et blanc illustre l’importance pour le photographe de faire des références constantes à ses terres d’origines – l’Europe. On apprend à déceler les indices du surréalisme, par exemple. Puis, l’apparition de la couleur aux Etats-Unis est une véritable révolution pour les photographes et pour la mode en général. D’abord utilisée par l’armée américaine, la couleur devient une arme de séduction pour les magazines qui misent tout sur la beauté plastique des photos pour conquérir le coeur des fashionistas américaines… Si Blumenfeld avait déjà sa grammaire et son vocabulaire graphiques quand il arrive à New-York, la couleur va changer sa manière de travailler : il joue désormais avec les couleurs et diffuse un message engagé.

De 1943 à 1955, Blumenfeld travaille pour Vogue USA en dépit de ses relations tumultueuses avec les directeurs artistiques. En effet, l’exposition explique clairement que le photographe était très attaché à déposer sa « patte » , sa signature, dans chacune de ses productions. Pour Vogue, il s’amuse donc en utilisant régulièrement beaucoup de filtres, de chapeaux, …

Quant à François Cheval Il nous propose une vision très philosophique de l’oeuvre new-yorkaise de Blumenfeld. En effet, derrière chaque photo se profile un message universel par rapport au monde : ce qu’on voit n’est qu’une illusion. Blumenfeld a une relation particulière avec le réel et considère le matérialisme comme une « chose vulgaire ». On remarque également l’omniprésence des femmes en tant que mannequins (aucun homme). Quant à la récurrence du voile, Blumenfeld en fait un accessoire indispensable pour exhausser la sensualité et la féminité – « En la cachant, on révèle la vraie beauté ». Selon le photographe, le bon goût et l’esthétique sont salvateurs dans un monde où l’Humanité est capable d’atrocité.

Une anecdote ? Si l’exposition s’appelle « STUDIO », c’est parce que les photos sont toutes prises dans le studio de Blumenfeld à Central Park. Artefacts et décors sont réalisés de ses propres mains et le photographe se soucie de faire bien connaître le processus de fabrication lors du résultat final des clichés – il est précurseur dans ce point de vue. On aime cette anecdote croustillante qui rappelle que Blumenfeld avait utilisé tellement d’éclairages pour un shooting que l’installation avait explosé et le studio a été incendié ! Tout est pensé et les prises de vue sont d’une précision extrême. Blumenfeld respecte à la lettre et jusqu’au bout le carnet des charges qu’il s’était donné. Il n’improvise jamais, c’est pour cela qu’on le qualifie souvent – et à juste titre – de « Photographe de contrôle ». Il maquille lui-même ses modèles qu’il choisit avec soin : il apprécie les longs cous, les jambes interminables et la finesse des mains. Blumenfeld ne cache pas d’ailleurs sa fascination pour cette partie du corps qu’il étudie comme un expert, car pour lui, cette approche presque morphologique du corps garantit la qualité d’une photo…!

On retient … Son appétence pour les voyages. En effet, Blumenfeld a parcouru le monde. Il en reste d’ailleurs de nombreux souvenirs traduisant son amour pour le Paris de l’aube, vidé, où il a la sensation de retrouver le Paris d’antan. Quant à New-York, il restera toujours fasciné par les gratte-ciels !

Un coup de coeur ? Pour cet auto-portrait que Blumenfled a réalisé devant la campagne publicitaire pour l’Oréal – et dont il est l’auteur.

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Informations pratiques:

EXPOSITION STUDIO BLUMENFELD: New York 1941-1960, L’ART EN CONTREBANDE

Du 3 mars au 4 juin 2017

Entrée de la Cité (34 quai d’Austerlitz), Atrium, Galerie d’actualité

Tarif: 5€
Tarif réduit: 4€ (étudiants, groupes,

moins de 18 ans)

Horaires: tous les jours de 11h à 19h, y compris les jours fériés – fermé le mardi

Billetterie en ligne:

http://bit.ly/blumenfeldcitemode

WEEK-END INTENSE DIAGONALE DU MOIS DE LA PHOTO DU GRAND PARIS

Les samedi 29 et dimanche 30 avril 2017 entrée gratuite

Visites guidées, en présence des commissaires d’exposition Horaires: à 11h30, 14h, 15h30 et 17h le samedi et le dimanche (30 personnes max par visite).

Conférence publique animée par Nadia Blumenfeld Charbit, dans l’auditorium de l’IFM, le samedi 29 avril à 18h30, accès gratuit, dans la limite des places disponibles. Une seconde conférence est prévue en mai, consulter le site de la Cité pour plus d’informations.

Application «Studio Blumenfeld» à télécharger sur l’Appstore et GooglePlay à partir du 2 mars 2017 et jusqu’au 4 juin 2017.

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