(Expo) « Mode & Femmes 14/18 » : la mode se militarise à la Bibliothèque Forney


Dans le cadre de notre décryptage mode consacré à l’influence de l’univers miltaire, la rédaction revient sur l’exposition « Mode & Femmes 14/18 » à la Bibliothèque Forney, dédiée aux Beaux-Arts. A voir jusqu’au 17 juin !

A l’occasion de sa réouverture, la bibliothèque Forney – bibliothèque d’arts décoratifs, métiers d’art et arts graphiques de la Ville de Paris – propose d’explorer l’histoire de la mode et des femmes dans la société française durant la Première Guerre mondiale. Fin du corset, invention du costume tailleur, … Paris a créé « son élégance de guerre », selon l’expression de Paul Adam. Allègre, sportive et dégagée. Eclairage.

Qu’apprend-on ? Que le XXème siècle a été marqué par l’avènement de la mode féminine-masculine, encouragée par l’engouement des uniformes militaires. Cependant, les hommes ont des difficultés à comprendre ces femmes qui sont de plus en plus nombreuses à revendiquer leurs droits d’égal à l’homme : en matière de voter, de travailler, comme de s’habiller. Col marin, chemise matelot, bottines lacées, longues guêtres font leurs entrées dans le vestiaire féminin.

Les immanquables ?

  • Les poches sur les jupes font peu à peu leur apparition jusqu’à devenir indispensables. De plus en plus larges, elles vont créer un effet de style indéniable sur les tenues des jeunes femmes.
  • Les couleurs claires sont tendances. Cet attrait pour la lumière du vêtement tire son origine de l’impossibilité de recourir aux teintures importées principalement d’Allemagne.
  • Le jersey maîtrisé sous les doigts de fée de Mademoiselle Gabrielle Chanel devient le must-have de toutes les élégantes parisiennes. En effet, la couturière française avait dû s’adapter aux ruptures de stock et s’était repliée bon gré mal gré sur les réserves importantes de l’atelier Rodier, spécialiste du tricot.
  • Le costume-tailleur de Mademoiselle Agnès répond aux envies de son époque, aux aspirations d’une nouvelle génération de femmes. Celles-ci prônent une silhouette simplifiée grâce à des jupes raccourcies, des tailles desserrées, des vestes amples et des lignes droites.

Pourquoi on y va ? Pour percer les mystères de l’évolution des critères du bon goût qui étaient fortement influencés par l’Art Nouveau. Car, si les deux guerres ont signé la fin de la Belle époque avec ses silhouettes fantaisistes « abat-jour » qu’affectionnaient tant Paul Poiret et Doucet, le « joli peuple des midinettes », selon l’expression de Maurice Demaison, s’est mué en un cercle de jeunes pousses insouciantes et extravagantes.
Mais la Parisienne reste chic et s’adapte aux circonstances (moins de tissus disponibles pendant les périodes de guerre) en inventant par exemple des crinolines et des robes dites « tonneau » (4, 50 mètres de tissus suffisent et ces types de créations sont donc acceptables selon les restrictions imposées).

Une personnalité ? Jeanne Lanvin. Elle garda son atelier parisien actif pendant la durée de la guerre et continua à créer de magnifiques pièces de couleur bleu roi (sa couleur) avec des jeux de transparence. L’exposition montre également cette merveilleuse « Robe résurrection » d’inspiration ethnique, comparable à un sarouel en perles de verre et de velours. Jeanne Lanvin conseillait elle-même de porter cette tunique avec un manteau de fourrure Charlemagne !

Que retient-on ? Les archives des couvertures des magazines de Vogue USA dont les lithographies de Georges Lepape « Vive laFrance », « Après la tempête » et « Le coeur de la France ».

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La mode & les femmes 14/18
Du 27 février 2017 au 17 juin 2017
Bibliothèque Forney
1, rue du Figuier, Paris 4e
Métro : Saint-Paul ou Pont-Marie
Du mardi au samedi, de 13h à 19h
Tél : 01 42 78 14 60
Entrée libre
Fermeture les 15 avril, 25 mai et 3 juin 2017.
Accès handicapés

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