(Expo) Hommage à Lee Ungno, l’homme des foules, au Musée Cernuschi


La rédaction a assisté au vernissage de l’exposition consacrée à l’artiste coréen Lee Ungno. Cet hommage rendu par le Musée Cernuschi est notre coup de coeur culturel de l’été. A voir jusqu’au 19 novembre !

A travers les salles épurées du Rez de chaussée (en contraste avec le décor à la fois sublime et très chargé qui caractérise l’architecture et les étages de cet hôtel particulier…), nous sommes plongés dans l’atmosphère avant-gardiste de cet artiste venu d’Orient. Plus de 80 oeuvres (réalisées de 1953 à1989) nous sont données à voir afin de s’initier au travail foisonnant et à l’énergie communicative de Lee Ungno, le plus Français des Asiatiques !

Dès le départ, nous sommes avertis : Lee Ungno fut un homme constamment bouleversé par le contexte historique et les évènements politiques qui ont rythmé l’évolution de son pays tout au long du XXème siècle. Dans ce tumulte, l’artiste ne s’interdisait donc aucune limite, d’aucune sorte : il explora tant les virtualités plastiques de l’encre et de la couleur que les multiples possibilités qu’offre le relief de différentes textures.

Nous découvrons alors des toiles aux tons pastels et au caractère vaporeux. Au début de sa carrière d’artiste, Lee Ungno nous donne à voir les éléments peints très minutieusement à l’encre tout en interprétant la tradition européenne par son œil d’artiste du Levant. Un trait particulier qui deviendra sa signature devant le monde entier.

Mais, cette exposition s’attarde surtout sur les créations de Lee Ungno de 1950 à 1989 qui correspondent à la période de son installation en Europe (en Allemagne puis en France) et au lien très étroit qu’il a noué avec le Musée Cernuschi grâce au patronage de Vadime Elisseeff. Nous découvrons alors une nouvelle facette de l’art de Lee Ungno, très influencé par l’expressionnisme abstrait américain et par l’abstraction lyrique française. Nous retenons notamment son goût pour gratter, froisser et déchirer ! L’exposition montre par exemple une oeuvre réalisée sur papier marouflé et sur papier doré. Sublime.

Le parcours nous emmène ensuite en 1964, date à laquelle Lee Ungno fonda l’Académie de peinture Orientale de Paris. Cette année fut cruciale pour l’artiste qui manifesta une obsession pour l’importance du trait du pinceau et des outils. Il délivra également un vision subjective de l’environnement physique avec de merveilleuses toiles représentant des flamands roses, chevaux , poisson, un bananier « myriade de feuilles dans le vent »… Les courbes affirmées et équilibrées, la décoration graphique et la vigueur des teintes colorées n’ont pu laisser la réaction de marbre (ni aucun autre visiteur d’’ailleurs !).

Pourtant, nous n’étions au bout de notre émerveillement quand on a poursuivi le parcours et qu’on est entré de plein pieds dans la période calligraphie de Lee Ungno, lui qui disait «L’art et la calligraphie sont comme le jade, ils rendent tous les hommes heureux ». Nous nous sommes laissés aisément porter par la poésie de cet univers où l’artiste a puisé une formidable source d’expressivité. Ces compositions picturales sont personnelles et remarquables par leurs structures en colonnes verticales. À déchiffrer ou simplement à être appréciée comme œuvre plastique ?

Avant de découvrir ses œuvres les plus connues aujourd’hui, le visiteur est invité à découvrir un bref extrait de la première exposition à la Galerie Paul Fracchetti en 1962 où Lee ungno exposa son expérimentation moderniste de la technique du collage et celle de l’encre picturale.

Le meilleur pour la fin ? L’ultime étape de ce parcours nous conduit au coeur de ses multiples oeuvres consacrées au thème de la foule. L’événement déclencheur ? Le soulèvement de Gwangju en 1980. Dès lors, Lee Ungno peint des foules gigantesques à la fois brutales, énergiques et unies. Il devient le symbole de la résistance de la Corée du Sud à la démocratie.

Un coup de coeur ? Besoin d’un peu de poésie ? Nous avons découvert une fabuleuse collection de toiles consacrées essentiellement à la tradition picturale du thème esthétique et moral du bambou ! Très fidèle à cet héritage asiatique, Lee Ungno vénérait en effet cette plante qui symbolise les vertus du lettré. A tel point qu’il y consacra dix ans de sa vie et se fit lui-même passé pour « le gentilhomme des bambous » !

Le plus ? La possibilité de crée soi-même ses « Foules » sur un écran tactile à la fin de l’exposition ! A vous de tester !

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MUSÉE CERNUSCHI
MUSEE DES ARTS DE L’ASIE DE LA VILLE DE PARIS
Du 9 juin au 19 novembre 2017
7, Avenue Vélasquez – 75008 Paris

Ouvert du mardi au dimanche inclus, de 10h à 18h
Fermeture les lundis
Entrée dans l’exposition
8 € (TP) – 6 € (TR)

| Visite animation
A l’ombre des bambous*
dessin
Juin: 10 et 24 à 15h
Tarif enfant : 5€
Réservation par mail :
eppm-cernuschi.reservation@paris.fr
par téléphone : 01 53 96 21 72

 

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