(Lecture) « Le souffle des feuilles et des promesses », le troisième roman de Sarah McCoy


Dans « Le souffle des feuilles et des promesses » (Michel Lafon), Sarah McCoy a choisi de rendre hommage à Hallie Erminie Rives, une écrivaine américaine rebelle des années 1900. L’occasion pour l’auteure d’explorer la puissance incroyable de l’amour et de la divine Providence. Au coeur des prémices du féminisme et de la révolution des codes de la bienséance, ce livre historique et romancé est une pépite littéraire.

Après « Un goût de cannelle et d’espoir » et « Un parfum d’encre et de liberté », deux best-sellers, la romancière originaire de Chicago dévoile son dernier ouvrage : « Le souffle des feuilles et des promesses ». Quelle belle périphrase métaphorique que ce titre pour définir ce qu’est la Providence !

Par le prisme d’une folle aventure amoureuse entre deux continents, cette Française de coeur nous emmène au coeur d’un périple spirituel où chaque rebondissement vient confirmer « la preuve que Dieu et la providence existent ». Une expérience que vivent Hallie Erminie, une jeune femme du Kentucky venue tenter sa chance et provoquer son destin à New-York, et Post Wheeler, un journaliste célibataire fréquentant le milieu de la high Society. Tous deux vont se rencontrer, se perdre de vue, se retrouver, s’oublier (jamais vraiment), se recroiser pour se séparer à nouveau et finalement se lier à jamais…

Et si le hasard faisait bien les choses ? Pourtant, s’agit-il véritablement du hasard ? Ne serait-ce pas plutôt les sentiments, les émotions qui conduisent deux êtres à se comporter de telle manière qu’ils écrivent eux-mêmes leur propre histoire ? Si Hallie et Post se sentent désarmés, impuissants, défaillants l’un envers l’autre, ils ne s’éloignent que pour mieux se rapprocher au fur et à mesure que leurs destins nouent des liens qui se resserrent et qui s’emmêlent. Parfois confusément et sans logique apparente.

Mais, l’Amitié et encore plus l’Amour répondent-ils aux exigences rationnelles, aux préjugés et aux lois humaines ? Certainement pas ! Quant la flamme de l’amour s’allume et qu’elle vient briller dans le coeur d’un autre, aussi faible soit elle, elle est là et ne s’éteint jamais. Elle nourrit leurs âmes et les brûle d’un doux feu, sans les consumer.

Pourquoi on aime ? Parce que l’auteur nous fait voyager dans le temps à l’aube du XXème siècle et dans l’espace : d’un domaine de planteurs du Kentucky aux confins des rivières d’or et des mines d’Eldorado et d’Indépendance City en Alaska en passant par New-York, Venise, Londres et la Côte d’Azur sans oublier le Colorado ni les folles virées à cheval de Hallie Erminie, cheveux aux vents, dans les dunes le long de la côte atlantique près d’Atlanta City – là où l’on peut admirer les vagues et se laisser envelopper de l’air marin et de ses embruns…

Un coup de coeur ? Pour le style de Sarah McCoy. Dès le début de ce roman choral, l’auteur réussit à tirer les ficelles d’une romance très particulière (et à moitié véridique) avec une telle facilité que le lecteur est transporté. Les personnalités hautes en couleur de Hallie et de Post ne font qu’accentuer l’intérêt de leur histoire romancée. La rédaction s’est autant attachée à cette romancière rebelle, effrontée et pleine d’imagination, d’espoir et de rêves que de cet aventurier rustre, maladroit avec ses émotions et charmant (ou charmeur ?) !

Le plus ? Sarah McCoy nous livre une véritable leçon de vie. Le lecteur vit cette plongée littéraire comme un voyage initiatique et comprend qu’il n’est qu’une poussière éphémère dans l’immensité de la Nature, qu’il doit La célébrer et La craindre non pas par peur mais par émerveillement. Grâce au talent de l’auteur, ce roman est riche d’un message qui transparaît page après page : la puissance de l’Univers ne peut pas être résumée par la science ni par l’imagination.

Et encore … La plus belle image de ce roman serait cet instant délicieux où Hallie Erminie assiste au spectacle du ciel qui s’ouvre à l’horizon dessinant un arc-en-ciel majestueux. Ne dit-on pas qu’un arc-en-ciel est un sourire de Dieu ? Quoi qu’il en soit, ce roman procure un plaisir immense de lecture et un ressourcement indéniable.

michel-lafon.fr/

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