(Expo) « Le Pouvoir des Fleurs » au Musée de la Vie Romantique


Au coeur de la Nouvelle Athènes, dans un écrin de verdure et de calme, le Musée de la Vie Romantique présente « Le Pouvoir des Fleurs », sublime exposition consacrée à la peinture florale. A voir jusqu’au 1er octobre 2017. 

Entre science botanique et talent artistique, on voyage avec les savants et les dessinateurs vers les contrées lointaines d’Amérique et d’Australie pour découvrir, d’un oeil nouveau, des plantes jusque là inconnues en Europe. Tel fut le cas des cactus, des aloès et des succulentes d’Afrique du Sud dont les dessins et gravures, réalisés par Pancrace Bessa – le protégé de la duchesse de Berry -, sont exposées dans une première vitrine.


En effet, au début du parcours, on remonte le temps au XVIIIème siècle, dans l’ère nouvelle de la quête de la perfection de l’iconographie végétale. Avec ses aquarelles sur papier ou sur vélin (peau de veau de lait) et ses techniques de la gravure au pointillé, le peintre français Pierre-Joseph Redouté se démarqua par son style et sa rigueur. On admire l’effet lumineux des toiles, accentué par les paillons d’argent ajoutés par Redouté lui-même. De même, on est ébahi devant ces autres publications qui révèlent une méthode botanique pionnière, exigeant une virtuosité poussée à l’extrême.

Eh oui, ce n’est pas pour rien que Pierre Joseph Redouté fut surnommé le « Raphaël des fleurs » ! Ces fleurs, qu’il considère comme un monde à part, sont à même d’éveiller l’imagination, grâce à leurs diversités infinies…

Puis, nous poursuivons le parcours de l’exposition en apprenant que l’impératrice Joséphine Bonaparte lui commanda un recueil illustré décrivant sa collection botanique à la Malmaison en 1805. En effet, avec Redouté, elle partage la même passion pour les espèces rares, précieuses et luxuriantes – qui lui rappellent son enfance passée aux Antilles. Le peintre doit beaucoup à cette reconnaissance impériale et vivra, grâce à Joséphine, ses heures de gloire et sa période la plus féconde jusqu’à la mort de l’impératrice en 1814…


La partie consacrée à la Mode des fleurs nous a particulièrement conquise ! On découvre dans une autre pièce qu’à l’époque de la Restauration, les fleurs à la mode sont surtout le dahlia et la rose trémière. Les chroniques mondaines rapportent ainsi en 1881 : « Les salons de la Chaussée d’Antin sont autant de serres où sont rassemblées les plantes. Chaque année ôte à une fleur la vogue qu’elle donne à une autre ». A tel point que les fleurs envahissent le quotidien des gens bien nés : services de tables, bottines « délicieusement désuètes », bijoux et portes bouquets rivalisent de délicatesse dans leurs motifs floraux. Il est alors de bon ton de sortir avec un bouquet « comme cueilli de son jardin de Meudon ou acheté chez Madame Prévost au Palais Royal », tellement charmant ! Et le Journal des Dames et des Modes confirme en 1823 cette nouvelle règle sociale: « Il sied à la promenade de tenir par convenance un bouquet de roses, d’heliotropes ou de violettes ».

On ne se lasse pas devant ces éventails « charmants auxiliaires de la coquetterie et de l’élégance » , ces paires de souliers et ces parures de chez Mellerio dits Meller (dont le modèle présenté fut créé par Redouté qui dessina un fuchsia, nouvelle fleur à la mode en 1830)….


Et pour clore en toute beauté cette exposition, la dernière partie nous invite à découvrir des œuvres monumentales, illusionnistes et ambitieuses (tulipes et coquelicot), réalisées par Élise Bruyère, Antoine Chazal, Jean François Bony, Antoine Berjon…


Avant de déguster une petite gourmandise au Salon de Thé du Musée, on termine par l’hôtel Scheffer-Renan où vingt-six créateurs contemporains ont investi les collections permanentes en y introduisant des réalisations florales actuelles. Tels des successeurs de Pierre-Joseph Redouté, ces artistes démontrent la vitalité encore d’actualité du motif floral. Ce projet proposé par Atelier d’Art de France montre notamment la sculpture  « Jardin des Délices » réalisée en verre soufflé par l’artiste Fabienne Picaud, souffleuse à la canne. Hors du temps.

Nos tableaux coups de coeur ? Impossible de tous les dévoiler, tant l’ambivalence florale domine dans tous les tableaux ! Voici trois présentations :

François Xavier Pascal Fabre, Portrait du jeune Edgar Clarke ET Portrait de Napoléon Bonaparte par Pierre Paul Prud’hon en 1823. Premier peintre autorisé à dessiner les traits de l’héritier impérial. On y trouve grâce, richesse des couleurs, souplesse des lignes, tonalités choisies et réfléchies, originalité créative… :

S’inspirant des compositions florales des Hollandais, au naturalisme novateur, Redouté livra une magnifique vierge pastourelle assise dans une guirlande de fleurs :


On retient ? La définition de la fleur selon Gérard Van Spaendonck, professeur ‍de Redouté : « C’est la nature même mais la nature dans toute sa fraîcheur », Corbeille et vase de fleurs.


Hotel Scheffer-Renan
16, rue Chaptal
75009 Paris
Téléphone : +33 (0)1 55 31 95 67

Horaires d’ouverture : Du mardi au dimanche de 10h à 18h.
Fermé les lundis et certains jours fériés. Ouvertures en 2017 : 15/04, 25/05, 04/06, 14/07, 15/08

Accès : Métro : Saint-Georges (ligne 12), Pigalle (ligne 2 ou 12), Blanche (ligne 2), Liège (ligne 13)

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