(Livre) « Les Cygnes de la 5ème avenue » : Truman Capote et Babe Paley, une amitié cruelle


Quand l’un des cygnes de la Cinquième Avenue, Barbara Cushing Mortimer Paley, rencontre l’enfant terrible de la littérature américaine, Truman Capote, une amitié fusionnelle voit le jour. C’est de cette relation dévastatrice dont il est question dans le dernier roman de Melanie Benjamin (éditions Albin Michel). Notre coup de coeur de l’été !

Dans ce livre de « non-fiction », l’auteure Mélanie Benjamin nous livre un portrait très intimiste au coeur de la café Society new-yorkaise des années 50. De cette époque où un certain Truman Capote et une merveilleuse icône de la mode, Babe Paley, faisaient les heures de gloire des mondanités américaines, comme il n’en existe plus…

Image « glamour » de la société, Babe Paley incarnait « la deuxième femme la mieux habillée au monde » (selon le Time) et fut nommée plusieurs fois dans la liste très sélect et très convoitée « La mieux habillée ». Mais tout ce faste cache une couche de maquillage, soigneusement peinte avec des gestes méticuleux et répétitifs… En effet, à travers le regard perçant et séducteur de Truman Capote, Mélanie Benjamin révèle des personnalités au besoin impérieux et même existentiel d’être désirées, admirées, aimées. Aimées, certes mais seulement des paparazzi. Babe Paley, Gloria Guiness, Marella Agnelli et Kay Graham cherchent cette personne qui saura les aimer d’un amour sincère et véritable. Elles croyaient l’avoir trouvée en Truman Capote. Elles se sont agrippées à lui comme à une bouée de sauvetage pour survivre dans ce monde couvert de dorures autant que de blessures… Mais, s’attendent-elles qu’un jour celui-là même leur porterait LE coup fatal qui les assassinera au sens propre comme au figuré ?

Pourquoi on aime ? Parce qu’on découvre les origines du livre Breakfast at Tiffany’s, comment Truman trouve son inspiration dans le regard de ses ami(e)s, dans leurs gestuelles, leurs habitudes, leurs failles, derrière leurs masques qu’il arrive toujours à faire tomber, sous leurs robes Givenchy et leurs bijoux Fulco di Verdura faits sur-mesure par les plus grands couturiers et créateurs de l’Upper Side, …

Pourquoi on a même dévoré ? Pour les dialogues tous aussi savoureux les uns que les autres. Ces échanges de vipères et de velours entre ces cinq femmes qui forment ce clan de « la haute ». Ces conversations entre William S. Paley et Truman Capote. A s’en délecter de plaisir …!

Le plus ? La traduction signée Christel Gaillard-Paris. Elle a su trouver à chaque fois les mots justes pour décrire la déchéance d’un ange effondré par la trahison, la bouleversante destinée de ces femmes inaccessibles dont le bonheur illusoire ne tient qu’à un fil, la méchanceté et l’égoïsme de Truman Capote, la perfidie de ses intentions…  Le talent de Christel Gaillard-Paris contribue pleinement à faire de ce roman une vraie réussite ! On recommande !

Un coup de coeur ? Pour le passage retraçant l’entrevue entre Truman Capote et la grande Diana Vreeland dans son bureau du Harper’s Bazaar, dont elle est à l’époque rédactrice en chef. On retient également ces moments partagés entre Babe Paley et Truman Capote lors de leur escapade à la Jamaïque – dans les marchés aux fleurs ou au bord de la piscine d’une villa…

Voici quelques extraits pour vous donner l’eau à la bouche (ou devrait-on dire « le champagne à la bouche » !) :

 « Tu es merveilleuse. Tu as l’air d’une longue flûte de champagne 🥂 « 

 

« Babe, tu as changé la mode

J’espère bien ! »

 


« Les cygnes de la Cinquième Avenue »
Melanie Benjamin
Traduction de l’anglais (Etats-Unis): Christel Gaillard-Paris
éd. Albin Michel
432 pages
22 euros

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