(Expo) Le Musée Yves Saint Laurent ouvre ses portes à Paris !


A Paris, avenue Marceau. C’est ici que vient d’ouvrir un musée à la gloire du grand couturier qui « décoinça » l’élégance. Parmi les 5000 modèles de la réserve de la Fondation Pierre Bergé-YSL, une cinquantaine de modèles, des accessoires, des photographies, des vidéos et divers documents sont exposés au public. Une invitation au voyage et à la découverte de la fabuleuse destinée d’un homme qui réinventa l’art de la mode. 


En hommage au couturier mais aussi à son mentor, Pierre Bergé, les murs de l’écrin parisien style Second Empire sont habités par l’éternel amour que les deux hommes se vouaient mutuellement. Car il s’agit bien d’amour. Un amour décliné à l’infini. Il prend d’abord place dans le studio reconstitué d’Yves Saint Laurent. Vaste espace neutre, clair et silencieux, ce lieu central de la maison de couture en a fait battre des coeurs ! Sur de simples plateaux supportés par des tréteaux, au milieu d’objets fétiches et de crayons indispensables, sont disposées des cartes de voeux « coeur » que l’artiste avait dessinées. Derrière le bureau, une série d’affiches « Love 1971 » est accrochée, se reflétant dans l’immense miroir.


Cet amour se retrouve ensuite sur des croquis dits du « coeur » réalisés par Yves Saint Laurent pour le magazine Vogue de novembre 1990. Mais surtout, il se concrétise sous la forme d’une broche imaginée par Yves Saint Laurent et créée en 1962 par Guido Mocafico. Véritable talisman, porté comme un bijou par un mannequin choisi particulièrement par le couturier lors de chaque collection haute couture et prêt-à-porter, ce « Coeur » a suivi, pas à pas, la naissance de la maison Saint Laurent devenue empire.

Pourquoi on aime ? Parce que si la passion entre Saint Laurent et Bergé est le fil conducteur de ce nouveau musée, le style masculin-féminin propre au couturier parcourt également chacune des salles. Tel un leitmotiv se déclinant à l’envi au fil des collections, de multiples vêtements issus du vestiaire masculin et sans cesse réinterprétés traduisent l’esprit d’une époque, celui d’une volonté d’émancipation féminine. A l’aube des années 70, Yves Saint Laurent poursuivit l’élan de Paul Poiret, qui avait libéré la femme du corset, en lui imaginant une garde-robe avant-gardiste inspirée des smokings, jumpsuits et trench-coats masculins. Pour la première fois, jambes et tailles se meuvent avec élégance et simplicité… la ligne « Trapèze » était née. Moins de tissus, plus de légèreté, la signature d’Yves Saint Laurent bouleverse la mode et c’est un succès.


Un coup de coeur ? Pour cette simplicité apparente qui cache son jeu derrière une « armure » d’entrecroisements de fils et de structures de tissages. En effet, les modèles choisis pour présenter cette première exposition sont des plus élaborés par la qualité des matériaux et la complexité de leur mise en oeuvre. Chaque manteau, chaque robe illustrent le travail d’excellence d’Yves Saint Laurent qui exigeait un effet de tombé d’une extrême précision.


Le plus ? Cette exigence pointilleuse se pare avant tout de rêve, d’exotisme et d’imaginaire. Avides de voyages autant que de lectures, Yves Saint Laurent  « voyageait » dans les contrées lointaines de Russie (collection haute couture automne-hiver 1976 dite Opéra et ballets russes), d’Afrique subsaharienne et d’Espagne en croquant des collections reflétant son goût très prononcé pour les couleurs vives et les belles étoffes. Ce voyage, Yves Saint Laurent le fait aussi dans le temps au travers de quelques robes du soir drapées aux airs de toges antiques des vestales ou d’inspiration médiévale ou encore R

enaissance. A de nombreuses reprises, le public capte également la vision admirative et distanciée du couturier sur l’évolution de la société depuis la modernité des années folles jusqu’au style rétro des années quarante.


Et encore … Cette folie, Yves Saint Laurent l’a transposé dans son « cabinet de curiosité » où est exposée une collection de bijoux fantaisie qui viennent parfaire l’allure désirée du créateur. En bois, en métal, en strass, en perles, en plumes, en céramiques, en passementerie, … ces chapeaux, chaussures, sacs et gants sont des compléments essentiels à la silhouette Saint Laurent.


Le mot de la fin ? Ce musée nous montre une mode à part. A part entière. Un univers complet et complexe qui croisa toute une famille d’artistes : on se rappellera cette robe haute-couture en hommage à Piet Mondrian en 1965 ou bien cette robe haute-couture en hommage à Pablo Picasso en 1979… Car Yves Saint Laurent n’aura jamais été aussi reconnaissant envers ceux qui l’ont inspiré, aidé, protégé et aimé depuis ses débuts adolescents « Paper Dolls » en tant que dessinateur. Descendant de cette lignée fatale de faiseurs de feu, Yves Saint Laurent considérait sa « famille » comme le plus beau de ses « paradis perdus ».  Et si aujourd’hui, le couturier et son père spirituel, Pierre Bergé, ont rejoint tous les deux le ciel de la création, ce Musée Yves Saint Laurent Paris restera certainement le plus bel hommage à l’aimable fantôme de génie qui bouleversa à jamais l’art de la mode.

Musée YSL Paris
5 avenue Marceau
75116 Paris – France
+33 (0)1 44 31 64 00

Ouvert du mardi au dimanche de 11h à 18h (dernière entrée à 17h15). Nocturne le vendredi jusqu’à 21h (dernière entrée à 20h15).
Fermé le lundi ainsi que le 1er janvier, 1er mai et 25 décembre. Fermeture anticipée à 16h30 les 24 et 31 décembre.

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