(Livre) « Une seconde d’éternité » de Fioly Bocca


L’italienne Fioly Bocca s’initie à l’écriture avec un premier roman « Une seconde d’éternité » (Denoël). Une pépite dans le ciel des écrivains transalpins contemporains. 

Fioly Bocca raconte l’histoire d’une vie. La vie d’Anita, une jeune femme à qui tout semble lui réussir (travail, amant, amies, .)… Mais, à travers sa correspondance à sens unique avec sa mère très malade, Anita prend conscience qu’elle souffre et que son existence n’est pas faite pour son bonheur. Une rencontre avec un certain Arun va décider pour elle que le temps est venu de changer, de se prendre en main. Pour le meilleur et le bien mieux !

Une ode à l’amour. A l’amour filial. A l’Amour avec un A majuscule. Celui qui bouscule les coeurs et provoque les destinées. Celui qui rend possible les rêves les plus fous. Celui qui pousse dans les retranchements et qui nous ouvre à nous-mêmes, nous amène à nous surprendre …. Entre Anita et Arun, il y a comme une main tendue qui sauve l’un comme l’autre du néant.

L’auteure nous livre dans ce roman sensible une leçon de vie et de résilience. Fioly Bocca use de métaphores en ce sens. Le lecteur retient notamment cette image évocatrice de la barque… Il apprend au fil des pages que certains événements créent un avant et un après, une interruption nette qui ressemble à une coupure au bistouri, d’abord blanche et propre, puis couverte de sang.

Et ce ne sont que dans les dernières pages que l’auteure nous livre la clé de la Vie à travers son style épistolaire très tendre : combattre ce n’est pas gagner, mais c’est le contraire de perdre. A propos de talent littéraire, Fioly Bocca signe un magnifique premier roman au rythme soutenu et agrémenté de quelques repères tels que ces répétitions en fin de chapitres : « Si le Futur pouvait me téléphoner… ». Une réussite !

Pourquoi on aime ? Pour la poésie du personnage Arun qui manie les mots avec une telle dextérité et une telle délicatesse que le lecteur a l’impression que ces paroles lui sont adressées. « Anita tout est possible. Libère-toi du bagage de douleur que tu ne peux pas supporter. Ton parachute est trop encombrant, il entrave tes pas, il te déséquilibre. Tu dois t’en défaire, si tu veux voler. (…) Marche en direction de tes désirs profonds. Choisis, toi, toujours. Décide le chemin pour réussir à t’endormir chaque soir en toi-même. »

Un coup de coeur ? Pour la plus belle des déclarations d’amour contemporaine que nous n’ayons encore jamais lue … « Pour la première fois depuis que je suis né, je sens avec toi un bout de mon histoire. (…) As-tu déjà bien regardé le vol d’une mouette ? Elle semble se laisser dominer par la puissance du courant, mais en fait non : c’est elle qui décide où aller, au millimètre près, reine de toutes les trajectoires. (…) Une mouette au milieu de la tempête mais maîtresse d’elle-même, malgré tout. (…) Et en ce vol royal et imparfait, j’ai reconnu une partie de moi. »

Le plus ? Fioly Bocca nous emmène non seulement dans les contrés perdues du nord de l’Italie mais aussi au coeur du désert de poussières ocres du Sahara marocain jusqu’aux portes de la cité de la Petite Sirène, Copenhague. Un voyage initiatique comparable à celui d’Ulysse qui, sur le chemin de la vie, croisa de nombreuses âmes, bienveillantes, providentielles (ou pas). Mais surtout, ces destinations différentes ont permis à Anita de franchir les étapes de sa renaissance et d’avoir la chance de vivre « une seconde vie ». Un avant. Un après. Une vie. LA vie.

Quelques citations :

 « Laisse ton bateau couler s’il le doit, cesse de résister au courant.  (…) Prends ton souffle, plonge et ensuite crache, crache ! (…) Tu verras, après le sel viendra le nectar. Mais tu dois garder ton souffle. Laisse venir. »

« Cultive l’âme lumineuse que l’on aperçoit par les brèches que tu révèles et laisse faire le vent : si tu lui parles d’une voix libre, il saura te porter. »

Date de parution : le 12 octobre 2017
Auteur : Fioly Bocca
Editeur : Denoël
Prix : 17,50 € (176 pages)

denoel.fr

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