Lecture : Le Choix de Rudi : Un enfant, un destin, une étoile, Noureev


Par Diane Z.

Alors que la Compagnie de Danse de l’Opéra de Paris présentera en novembre prochain La Bayadère, œuvre testamentaire de Rudolf Noureev, et qu’un biopic le consacrant est en préparation, ce danseur est plus que jamais d’actualité ! La rédaction de La Mode à la Française a lu le dernier roman de Françoise Dargent librement inspiré de la jeunesse de l’étoile : Le Choix de Rudi. Verdict.

Ce livre empreint de passion, d’amour et de sensibilité révèle la vérité d’un petit garçon que la légende a propulsé au rang des plus grands danseurs du XXème siècle. Aujourd’hui encore, des années après, on reparle avec émoi de ce personnage devenu mythique comme si sa vie n’avait commencé qu’en arrivant en France… Un mythe tenace qui n’a pas pour autant atténué l’enthousiasme de Françoise Dargent, journaliste au Figaro Littéraire, pour faire renaître de ses cendres cet oiseau phénix venu des contrées russes avec son histoire, sa culture et son tempérament de feu ! La passion de vivre de Rudolf Noureev saute aux yeux entre ces lignes, magnifique portrait romancé et illustré d’anecdotes véridiques et historiques. De ce passé humiliant, d’acharnement au travail et d’insouciance, Françoise Dargent garde un émerveillement inconditionnel. L’auteur rend hommage à cette jeunesse débordante de vie et déterminée à regarder loin devant malgré les barrages qui peuvent se dresser contre elle. On découvre ainsi peu à peu le vrai visage d’un danseur exceptionnel.

Qui aurait pu penser que Rudolf Noureev a vécu une enfance misérable aux confins des forêts de l’Oural et à la lisière de la Sibérie ? Peu de gens connaissent le « vrai » Rudolf Noureev, l’enfant Rudi qui rêvait en classe de mathématique et excellait en cours de danse folklore imposés par le Parti soviétique. Françoise Dargent s’est plongée dans l’ombre de celui qui, a 20 ans, enflammait les planches parisiennes de l’Opéra Garnier par ses sauts vertigineux. Plus que tout, Noureev est un enfant du voyage : né dans un train, il cherche toujours à découvrir d’autres villes, d’autres pays. L’auteur nous invite donc à suivre les traces de ce danseur depuis Oufa jusqu’à Paris en passant par Léningrad et Vienne. C’est l’histoire d’une enfance, d’une passion, d’une vie qu’elle nous livre aujourd’hui.

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Françoise Dargent emmène le lecteur dans les années 1950, à l’époque où les paysans russes travaillaient dans les usines, où les petits garçons apprenaient à calculer les rendements d’une entreprise de charbon, où les petites filles apprenaient la couture, et où tout tournait autour d’une seule et même personne : Staline et d’une même idée : la suprématie de l’URSS. Mais, le petit Rudi, le benjamin d’une famille pauvre, ressemble trop à ses sœurs et ne pense pas comme il faut. Lui, il rêve de danser, il ne vit que pour cela. Il aime se réfugier dans une cabane dans la forêt voisine pour échapper aux remontrances d’un père dépassé par ce fils qu’il a de la peine à reconnaître. S’allonger dans l’herbe en haut d’une colline, écouter le chant des oiseaux, patiner sur un grand lac de bon matin avant la corvée de pain : voilà le bonheur de la vie selon Rudi ! Ses camarades de classe ne le comprennent pas, il est si différent… Mais, grâce à la vieille madame Oudeltsova, son ange-gardien, Rudi va peu à peu devenir Rudolf Noureev, le Tartare au milieu des danseuses du ballet de Kirov. Jamais, il n’oubliera son but, sa raison d’être : devenir danseur étoile dans une des plus grandes compagnies de danse de son pays. Danser, c’est toute sa vie.

Comme la danse qui coule dans les veines de Noureev, cette passion semble couler dans l’encre de la plume de l’auteur. A chaque page, le lecteur ressent le trac de Noureev lors de sa première audition. Il a froid quand Noureev s’endort dans les vieux dortoirs plein de courants d’air de l’école de danse. Il accompagne le jeune danseur dans sa quête du bonheur. Il pleurera lors de la séparation de Noureev d’avec son amie de toujours, la Cubaine Méniochka… Alors, les pages se succèdent les unes après les autres, de plus en plus légères, tels des grands jetés, des entrechats et des pas de bourrées racontant un ballet. Une magie s’empare de ce roman aussi vibrant qu’envoûtant . A l’instar de Noureev jamais satisfait, le lecteur n’attend plus qu’une chose désormais : la suite (même si on la connaît!)

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De Françoise Dargent

Hachette, 15,90 EUR.

À partir de 13 ans

Pour se le procurer : La Galerie de l’Opéra de Paris ou Fnac-Livres

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